OEIL

-oeil (appareil optique)

L'œil est à la fois un instrument d'optique et un organe sensitif (celui de la vue colorée)

 

DONNEES ANGULAIRES CONCERNANT la FONCTION OPTIQUE de l'œil

-le champ de vision est l'angle solide dans lequel l'œil immobile peut capter une image .

C'est environ 0,5 stéradian

-l'angle de vision (ou angle de vue) est l'angle plan maximal dans lequel un œil peut percevoir une image, mesuré par rapport à un axe de vision "en face de soi", sans tourner la tête.

C'est environ 60° vers les côtés (oreilles), 40° vers l'intérieur (nez), 45° vers le bas (menton) et 30° vers le haut (front)

-l’angle de visée est l’angle plan sous lequel un objet est appréhendé par l‘œil

C'est 2θ(rad) où θ = angle formé entre l’axe optique et la droite allant du sommet de la pupille, au point haut d’un objet vertical dont le pied est sur l’axe optique

si lo(m)= hauteur de l’objet situé à distance lv >> tg2θ = l/ lv

On nomme souvent 2θ = le diamètre apparent

-l'angle de résolution (ou séparation angulaire)

est le nom de l'angle de visée quand la chose visée est l'espacement entre 2 objets qui doivent rester visuellement distincts

Souvent on définit un angle de visée d'un objet prototype, et on pose  2θ = l/ 5.loo

lh(m) est la hauteur de l'objet et 5 = exprime qu’on prend une largeur de l'objet visé, forfaitairement égale au 1/5° de sa hauteur

loo(m)= distance œil-objet

-l'angle minimal de résolution de l'oeil est dit A.M.R (ou A.R.M en anglais)

Sa valeur moyenne est (pour l'oeil humain) 2θ = 3.10-4 rad

(et c'est aussi 1 minute d'arc, car 3440 (min/rad) x 3.10-4 (rad) = 1)

-le facteur de résolution

est un coefficient (numérique F') de relation entre l'intervalle de résolution et la distance de résolution On donne F'= tg2θ = l/ lv

où tg2θ = tangente de 2θ(rad) angle de visée de 2 points proches sur un objet

lo(m)= longueur de résolution (= intervalle entre les 2 points de l'objet visé)

lv(m)= distance de résolution (entre objet-émetteur et objectif-récepteur)

Cas particulier d'une visée avec une lumière ayant longueur d'onde λ proche des dimensions de l'objet visé (ou proche des dimensions du diaphragme de l'appareil)

Le facteur de résolution de l’appareil optique, perturbé par la diffraction, devient

F'= (lλ)  d'où :

-en cas général, il faut que (lλ) > 1,22 / sinθ

où θ(rad)= angle d’ouverture de l'appareil optique, λ(m)= longueur d’onde et ld(m)= diamètre du diaphragme

-pour le prisme    c'est F'= n*.lλ

où lb(m)= longueur de la base du prisme et n*= indice de réfraction du prisme

-pour le microscope   c'est F'= n*.l.sinθ1

où λ(m) est la longueur d’onde, θ1(rad) est l’angle d’inclinaison des rayons incidents et n* l’indice de réfraction 

-le facteur de résolution pour l'œil  est de 3.10-4 >>> cela correspond à un angle de résolution de 1 / 3000° de radian ou 60 secondes d'arc

Cela signifie aussi (par homothéties) que l'œil distingue aussi bien (1 mm à 3 mètres) que (1 mètre à 3 kilomètres) ou (100 km sur la lune)

 titre de comparaisons :

-le facteur de résolution d'une jumelle permet de voir

>> 5 km sur la lune (20 fois + que l'œil)

-celui d'un télescope standard permet de voir

>> 1 km sur la lune (100 fois + que l'œil)

-celui du télescope Hubble permet de voir

>> 100 m sur la lune

-celui d'un supertélescope (30 m. toujours sur la lune)

-celui d'un microscope standard ( ~ 8 secondes d'arc soit 8 fois mieux que l'œil)

 

DONNEES OPTIQUES de l'ŒIL

-l'accommodation oculaire est la qualité du cristallin permettant de transmettre une image optiquement ajustée sur la rétine (oculaire signifie ‘’relatif à l'œil’’) C’est possible grâce aux muscles du cristallin

-l'acuité visuelle morphoscopique

est l'inverse de la tangente de l'angle de visée >> c'est un synonyme de pouvoir de résolution Sa valeur est 1 / tg2θ = 5.loo / lh

lh(m) est la largeur de l'espace entre 2 objets visés proches l'un de l'autre

5 = exprime qu’on prend une largeur de l'objet forfaitairement égale à 1/5° de sa hauteur

loo(m)= distance œil-objet

Chez l’opticien loo = 5 m et  lh = 0,0075 m

soit une acuité de 10/10° pour tg2θ = 3.10-4

Quand l'angle θ est petit, sa tangente est confondue avec l'angle.

Cette nouvelle donnée (1 / 2θ) est dénommée pouvoir de résolution intrinsèque et est exprimée en radian-1

On exprime l'acuité en dixièmes, à travers une échelle de correspondance avec le pouvoir de résolution normal (1 / tg2θ) Mais ce n'est pas tout à fait proportionnel (les derniers dixiémes de l'échelle sont plus proches l'un de l'autre que les premiers)

L'oeil standard peut atteindre souvent 12 dixièmes (les chats apprécient 5 dixièmes, les pieuvres 12/10° et les aigles 40 dixièmes)

-le coefficient d'accommodation oculaire yc

est un coefficient non dimensionnel, yc= produit de l(distance de l’objet, en m.) par Jc(amplitude d’accommodation oculaire, en dioptries )

-le diamètre de pupille de l'oeil humain varie de 2 à 7 millimètres

-la distance focale de l'œil (lfi et foest de 22 mm pour la focale image et -17 mm pour la focale objet

-la distance de visée est la distance entre l'oeil et l'objet (elle est sous-tendue par le diamètre apparent, qui est l'angle de visée )

-l'indice moyen de réfraction de l'oeil est 1,337

-la longueur (ou largeur) de résolution, pour l'oeil  est (incidence de la réfraction)

l= 1 ,22.l/ n*.sin 2θo  où l(m) est la longueur de l'onde reçue par l'oeil, n* est l'indice de réfraction et θo (rad) est l'angle de visée

-le punctum proximum (P.P) est le point le plus proche distingué avec netteté.

---le P.P. de convergence, exprime la netteté d'un objet, perçue avec une vue binoculaire normale, sans effort

---le P.P. d'accomodation, exprime pour sa part, la netteté sous accomodation maximale 

-le punctum remotum (P.R) est le point le plus éloigné distingué nettement par l'oeil sans accomodation.

---le P.R. d'un emmétrope est l'infini (en pratique > 5 mètres)

---le P.R. d'un myope est de ~ 0,10 à 2 mètres, donc entraîne des correctifs entre 1/0,10 et 1/2,  soit -10 à -0,5 dioptries (le signe moins étant conventionnel) 

---le P.R. d'un hypermétrope est à l'arrière du cristallin. Il implique des correctifs de (+ 1) à (+ 2) δ (dioptries)

-le pouvoir de résolution

est l'inverse du facteur de résolution (c'est donc 1 / tg2θ)

Pour les opticiens, le pouvoir de résolution est découpé en cycles, chaque cycle étant une zone de l'objet dans laquelle le contraste est dégressif entre 0 et 100

La valeur moyenne de perception d'un œil est de 60 de ces cycles par degré angulaire

Le pouvoir de résolution est dit intrinsèque (ou angulaire) quand on confond l'angle et sa tangente, c'est alors (1 / 2θ) (l'inverse d'un angle) et comme on change de dimension, on change aussi de nom >> d'où le mot «intrinsèque» qui implique toujours la notion d'angle

-le pouvoir séparateur  est le rapport entre l'angle de visée et la dimension de l'objectif visant. C'est donc (2θ / loj)

-la proximité est une très courte distance de visée d'objet

-la puissance optique (dite puissance oculaire pour l'oeil) est tg2θ / lf    -- lf étant la distance focale-- donc elle vaut ~ 59 δ

-le seuil (minimal) de flux  perçu par l’œil standard est de 10-13 lumen

 

DÉFAUTS OPTIQUES DE L'ŒIL

-le vocabulaire

Amétropie = terme général exprimant les défauts optiques de l’œil

Emmétropie = œil normal

Myopie = œil trop convergent (image en avant de rétine)

Hypermétropie = œil pas assez convergent (image au-delà de la rétine)

Astigmatisme = défaut de sphéricité, entraînant inégalité entre les puissances optiques admises dans l’œil selon les plans horizontal et vertical (image déformée par multifocalisation)

Presbytie = diminution de la possibilité d’accommodation (image parfois en avant ou parfois au-delà de la rétine, selon la distance de l’objet)

Strabisme = défaut de parallélisme binoculaire (2 images dissociées)

 

-les correctifs oculaires

La correction des habituels défauts de vision est assurée par des lunettes de vue (ou verres correcteurs) Ces verres ont des caractéristiques spécifiées par une ordonnance médicale rédigée selon l'exemple libellé ci-après >>>

OD -3,50 (+2,00) 40° Add2 ou bien sous une forme permutée >> 

OD (40°+2,00) -3,50 Add2

 

a).OD signifie oeil droit (si c'est OG, c'est l'oeil gauche)

b). le signe moins(-) signifie qu'il s'agit d'une correction de myopie (s'il y avait un signe plus, ce serait une correction d'hypermétropie)

c).le nombre 3,50 indique le nombre de dioptries de la correction prévue en (b)

d).ensuite la parenthèse (+2,00) indique le nombre de dioptries nécessaires à la correction d'astigmatisme

e).le nombre de degrés noté ensuite (40), indique l'angle sous lequel se manifeste l'astigmatisme (l'origine de 0° étant l'horizontale). Le verre correcteur est alors la section d'un tore (on dit souvent un "cylindre", car le tore a des rayons tellement proches qu'il ressemble alors à un cylindre)

f).la mention Add2 signifie qu'un correctif additionnel de presbytie est nécessaire et exige une puissance complémentaire de 2 dioptries

Nota : la présentation de la formule ci-dessus (en caractères gras) peut également être modifiée par les opticiens-lunetiers, qui tournent alors de 90 degrés la référence d'angle de l'astigmatisme et cela se présente alors sous la forme >>

OD-1,50 (-2,00) 130° Add2

On y remarque que les dioptries de la myopie ont été ajoutées à celles de l'astigmatisme et qu'en compensation, l'astigmatisme a été à la fois changé de signe et changé de direction (90° de plus)

-lien  Voir détails concernant l'œil sur site http://cours.dirphot.free.fr

 

L’OEIL, ORGANE de la VUE en COULEURS

Les couleurs des rayonnements lumineux sont perçues par l'oeil de deux façons différentes:

-soit depuis une origine primaire, c'est à dire depuis une source de rayons

et l'oeil perçoit la teinte du corps émetteur

-soit depuis un reflet (donc une lumière seconde, puisqu'issue d’un objet qui a précédemment été heurté par des photons) et qui maintenant les réémet partiellement sous forme de coloration (voir chapitre suivant)

 

1.la perception des teintes (couleurs primaires perçues par l’oeil)

il s'agit ici de la perception oculaire de certaines longueurs d'ondes électromagnétiques provenant d'un émetteur lumineux et elles sont réparties sur une plage de  longueurs d'onde  entre (approximativement) l = 380 nm (le violet extrême) et  l = 730 nm (le rouge extrême)

On a défini 7 zones affublées de 7 noms de couleurs, dont le rassemblement est nommé spectre visible. Ce 7 est un nombre purement arbitraire, car il y a une continuité infinie de couleurs et leurs limites (subjectives) ne sont qu’approximativement définissables (rien ne ressemble plus à un rouge-orangé qu’un orangé-rouge !) Mais il était nécessaire de faire des compartimentages (curieusement inégaux) et 7 est un nombre mythique !

le rouge(l allant de 730 à 615 nm dont 672 pour le rouge moyen )

l'orange(l de 614 à 581 nm dont 600 pour l'orange moyen)

le jaune(l de 580 à 565 nm dont 572 pour le jaune moyen )

le vert(l de 564 à 505 nm dont 535 pour le vert moyen)

le bleu(l de 504 à 475 nm dont 490 pour le bleu moyen)

l'indigo(lde 474 à 440 nm dont 460 l'indigo moyen) et

le violet(l de 439 à 380 nm dont 410 pour le violet moyen)

Leur fréquence est égale à c(constante d'Einstein = 2,99792458 .108 m/s)/ l (en m.)

2.la photométrie

L'oeil a une perception très différenciée au niveau des intensités de vision, en fonction de la longueur d'onde reçue .La loi de correspondance est logarithmique et on utilise surtout sa représentation graphique, sous forme de courbe en cloche.

2.1.On définit en priorité l'équivalent mécanique de la lumière (symbolisé ye

Un système spécial d'unités a été créé pour exprimer les diverses grandeurs utilisées en photométrie: c'est le système psychophysique (ou psychométrique)

On part de la définition de l'unité d'intensité lumineuse émise, nommée candela: qui est l'unité d'intensité visuelle d’une source qui, dans une direction donnée, émet un rayonnement monochromatique de fréquence 5,4.1014 Hz et dont l’intensité énergétique dans cette direction est de 1/683 Watt par stéradian

On y rencontre donc le nombre 683 (symbolisé ye dans cet ouvrage) et qui est nommé équivalent mécanique de la lumière et son inverse (1/683) est nommé coefficient correctif physiologique.

(ye683) va servir identiquement de coefficient de changement d'unités pour les grandeurs découlant de l'intensité (telles puissance, éclairement, luminance, etc)

On en tire que 1 candela (cd)= (1/683)W/sr et parallèlement 1 lumen(lm)= (1/683)W et

1 lm-s= (1/683)J et 1 nit(ou cd/m²)= (1/683)W/m²-sr

 

2.2.on utilise ensuite le facteur de visibilité ou efficacité spectrale (symbolisé F'1)

qui représente le rendement  entre la puissance lumineuse émise et la puissance consommée en amont pour alimenter en énergie ladite source (en fonction de la longueur d'onde).Les puissances sont évidemment exprimées toutes deux en mêmes unités (des Watts) car il s'agit d'un rendement

Le point haut de la courbe en cloche de ce rendement (donc valeur maxi de F'1= 1) est atteint pour un vert légèrement jaune ayant pour longueur d'onde  555 nanomètres (soit 5,4.1014 Hertz) Dès qu'on s'éloigne de ce summum, F'1 chute très rapidement, comme le montre la liste des valeurs exprimées ci-après, échelonnées entre 0 (pour longueurs d'onde aux limites de l'infrarouge ou de l'ultraviolet) et 1 (pour l = 555 nm)

En (Watt par Watt)>>> l de 385 nm(< 0,001)--l de 400 nm(=0,02)--l de 420 nm(=0,03)--de 440 nm(=0,05)--de 460 nm(=0,08)--de 480 nm(=0,15)--

 de 500 nm(=0,40)-- de 520 nm(=0,80)-- de 540 nm(=0,95)-- de 555 nm(=1)-- de 560 nm(=0,98)-- de 580 nm(=0,88)-- de 600 nm(=0,70)--

 de 620 nm(=0,40)-- de 640 nm(=0,23)-- de 660 nm(=0,10)-- de 680 nm(=0,05)-- de 700 nm(=0,04)-- de 720 nm(=0,03)-- de 740 nm(=0,01)--  de 760 nm(< 0,001)--

 

2.3.on utilise également une autre version, dite efficacité spectrale relative (F'2)

qui est similaire à la ci-dessus efficacité spectrale, sauf que les valeurs sont alors exprimées en pourcentages (au lieu de parties d'unité) et elles sont donc 100 fois plus fortes

Les efficacités spectrales relatives, symbolisées maintenant F'2 s'échelonnent entre 0 (aux extrêmes fréquences visibles) et 100 (au vert 555 nm) selon chiffrage ci-après l de 385 nm(< 1)--l de 400 nm(=2)--l de 420 nm(=3)-- de 440 nm(=5)-- de 460 nm(=8)-- de 480 nm(=15)-- de 500 nm(=40)-- de 520 nm(=80)--

 de 540 nm(=95)-- de 555 nm(=100)-- de 560 nm(=98)-- de 580 nm(=88)-- de 600 nm(=70)-- de 620 nm(=40)-- de 640 nm(=23)--de 660 nm(=10)-- de 680 nm(=5)--l de 700 nm(=4)-- à 720 nm(=3)--l de 740 nm(=1)--de 750 nm(<1)

 

2.3.on utilise enfin lsensibilité lumineuse spectrale (F'3)

qui est similaire au facteur de visibilité, sauf que les valeurs sont maintenant exprimées en unités dites psychophysiques (au lieu de parties d'unité) et elles sont donc 683 fois plus fortes

Les valeurs de F'3 sont échelonnées entre 0 (aux extrêmes fréquences visibles) et 683 (pour le vert 555 nm) selon chiffrage ci-après (en lm/W) >>>

l de 385 nm(< 5)--l de 400 nm(=10)--l de 420 nm(=20)--l de 440 nm(=30)--l de 460 nm(=54)--l de 480 nm(=102)--l de 500 nm(=275)--l de 520 nm(=546)--l de 540 nm(=650)--l de 555 nm(=683)--l de 560 nm(=670)--l de 580 nm(=600)--l de 600 nm(=478)--l de 620 nm(=273)--l de 640 nm(=157)--l de 660 nm(=68)--l de 680 nm(=34)--l de 700 nm(=27)--l de 720 nm(=20)--l de 740 nm(=10)--l de 760 nm(< 5)

Nota 1: les données ci-dessus correspondent à la lumière du jour (elles sont dites photopiques).La nuit, les bâtonnets de l'œil prennent le relais sur ses cônes et la longueur d'onde de sensibilité maxi est plus faible (507 nm) et on dit que c'est le domaine scotopique. Dans ce cas, toutes les valeurs ci-dessus sont dévaluées (par ex. à 555 nm, F'3 = 402)

Nota 2: la sensibilité spectrale (F'3) n'est pas toujours très précise pour un œil standard, car celui-ci favorise un peu les bleus, quand l'intensité émise par la source est faible.

Nota 3: l'appréciation des intensités lumineuses est nommée leucie.

 

3.le rendement (énergético)-lumineux

est un coefficient de même natureque la sensibilité lumineuse spectrale, mais qui change de nom parce qu'il est utilisé dans le domaine commercial

Le vrai rendement d'une lampe électrique est mauvais (c'est de l'ordre de 3% quand on le calcule logiquement en Watts produits / Watts dépensés pour engager la production)

Alors les fabricants de lampes ont découvert que si on l'exprimait en lumen par Watt (ils changent d'unités...) c'est bien plus motivant

Donc on rencontre maintenant très couramment le (faux) rendement lumineux et ils mettent bien en avant son quotient en lumen par Watt On trouve alors des valeurs splendides, qui dépassent 100, laissant planer le doute sur un rendement de 100% !!

En pratique, les sources habituelles de luminosités (qui sont des ampoules électriques) présentent d'importantes pertes -à cause de l'effet Joule, à cause de l'angle solide de diffusion, à cause de la dissipation des longueurs d'ondes variées, etc et on n'atteint guère mieux que 25% des 683 lm/W théoriques

Quelques valeurs de ce rendement énergético-lumineux (en lumen par Watt)

9 lm/W pour les anciennes faibles lampes à incandescence (< 50 W)

13 lm/W pour les anciennes moyennes lampes à incandescence (60 à 120 Watts)

17 lm/W pour les anciennes fortes lampes à incandescence (> à 200 Watts)

24 lm/W pour les lampes à iode

50 à 80 lm/W pour les tubes fluorescents

230 lm/W  pour les meilleures LED

Le soleil lui-même ne fait guère mieux, car il produit un éclairement moyen de 40.000 lux et il donne par ailleurs une densité de flux de chaleur de 168 W/m² ce qui équivaut à 238 lm/W

 

4.le coefficient d'uniformité

 exprime la répartition de l'éclairage (énergie) apporté en un lieu; Il est représenté sous la forme du rapport =(éclairage minimal / éclairage moyen)

 On le trouve aussi exprimé sous forme d'un rapport d'éclairements (desflux surfaciques) 

 

5.l'index d'éblouissement

définit la limite d'inconfort de l'oeil envers un local multiplement éclairé par excès

Il existe une norme UGR (unified glare rating) impliquant la luminosité de l'arrière-plan et la luminance des diverses sources, qui exprime les limites de l'inconfort en fonction des travaux exécutés dans la zone d'activité >>> travail de précision(=16)--travail de bureau(=17/18)--lieu de réunion(19/22)--vestiaires(23/25)--couloirs(26/28)--(au-delà de 29=danger) 

 

Unités utilisées pour la lumière 

l'énergie(E) E consommée par la source est exprimée  en Joule

E émise est exprimée en lm-s (valant 0,001464 J)

E voyageant et reçue (éclairage) est exprimée en lx-s-m²(valant 0,001464 J)

la puissance (ou flux)(P)  P consommée par la source est exprimée  en Watt

P émise (luminosité) est exprimée en lm (valant 0,001464 W)

P voyageant et reçue est exprimée en lx-m²(valant 0,001464 W)

la puissance surfacique(p*)  p* consommée par la source en Watt/m²

p* émise (irradiance) en lm/m² (valant 0,001464 W/m²)

p* voyageant et reçue (éclairement) en lux(lx)(valant 0,001464 W/m²)

l'intensité lumineuse(P') P' consommée par la source est exprimée en Watt/sr

P' émise (intensité émise) est exprimée en candela(valant 0,001464 W/sr)

P' voyageant et reçue (intensité) est exprimée en lx-m²/sr(valant 0,001464 W/sr)

la puissance surfacique spatiale(D)  D consommée par la source est en Watt/m²-sr

D émise (exitance, luminance) est exprimée en nit (valant 0,001464 W/m²sr)

D voyageant et reçue (transmittance, illuminance...) est en lx/sr(= 0,001464 W:m²-sr)

 

COLORATION

-la coloration est la réception par l'oeil de la lumière qu'un objet précédemment frappé par la lumière d'une source, accepte de renvoyer par réflexion.

Exemple un papier apparaissant rouge a reçu précédemment un mélange de teintes, mais suite à des réactions internes, il ne reflète ultérieurement plus que le rouge, qui est son état de coloration, désormais interprété par l'oeil.

La coloration perçue par l'oeil depuis un objet éclairé, est différente de la teinte, qui est l'ensemble des couleurs reçues depuis une source éclairante

Exemple: un fond d'écran d'un VGA est bleu vif, car il est une source étant construite pour émettre essentiellement des rayons ayant des longueurs d'ondes dans la gamme des bleus.Tandis que si la bordure du même VGA semble rouge, c'est parce qu'elle réfléchit une coloration rouge, dernière survivante des avatars d'absorption, et de diffusion, et de dissipation, et de transmission....subis après le contact de la lumière dans la matière de ladite bordure.

Les couleurs de coloration sont éclairées, les couleurs de teinte sont éclairantes

Un tissu apparaissant bleu a absorbé les longueurs d’ondes autres que celles du bleu ; un tissu apparaissant blanc n'absorbe quasiment aucune couleur; et un tissu apparaissant noir absorbe toutes les couleurs -ce qui d'ailleurs n’est pas idéal pour les gens du désert, qui cependant s'habillent souvent en noir-

Une coloration appréhendée par l'oeil est formalisée par trois paramètres dont le groupage constitue la chromaticité  et représentables chacun par un abaque,

1.le premier paramètre, lié à la luminance, attribue une clarté

C'est un coefficient de luminance, dont les valeurs vont de 100 (pour le blanc, ce qui correspond à la meilleure sollicitation oculaire), jusqu'à 1 (pour le noir, qui est une zone d'absence de perception oculaire)

2.le second paramètre concerne la sensibilité aux colorations.Il est proportionnel aux longueurs d'ondes, donc c'est l'un des coefficients de sensibilité (ou d'efficacité spectrale, définis plus haut)

3.le troisième paramètre est dit coefficient de pureté et exprimela vivacité ou le ternissement apparent des coloris (plus ou moins de noir) .

La palette de ces 3 données de chromaticité est définie par la commission internationale de l'éclairage, sous le nom de C.I.E Lab >>>

le L (de Lab) représente le coeff de luminance

le a (de Lab)= est l’appréciation des longueurs d'ondes

le b (de Lab) = est le coefficient de pureté

 

-la synthèse des couleurs

La coloration d'un objet récepteur (et réémetteur de lumière) peut être reconstituée par une synthèse de seulement 3 colorations , ce qui constitue une synthèse soustractive

En fait, une synthèse -impliquant par définition un groupage- ne devrait pas pouvoir être qualifiée de soustractive, mais on tente de justifier le mot par le fait que les colorations sont des teintes auxquelles on a soustrait des parties de leurs structures

Un objet réémetteur (d’une coloration) a le même rôle qu’un filtre -qui ne laisse passer qu'une seule caractéristique- Et en regroupant 3 de ces colorations (3 filtrats de couleurs réfléchies) on peut retrouver, en 1° approximation, n'importe quelle couleur réfléchie

On choisit en général les 3 couleurs CyanMagenta, Jaune  (C,M,J en abrégé)et leur mélange s'exprime par la palette dite C.M.J.N. pour cyan, magenta, jaune et noir (surajouté)

En anglais c'est C.M.Y.K. = cyan, magenta, yellow et key, mis pour black

C, M et J (ou Y) représentent chacune déjà des mixages de colorations et ensuite, il n'y a plus qu'à déterminer leurs pourcentages dans le mélange.

-le N (ou K) représente le coeff. de pureté vu dans le C.I.E Lab du paragraphe précédent.

Par exemple on reconstitue:

--un rouge  moyen avec (magenta + jaune + un peu de noir)

--un  vert  moyen avec (cyan + jaune + un peu de noir),

-- un bleu avec (magenta + cyan + un peu de noir)

Ces couleurs de coloration ne sont pas dissociées par un miroir (il y a réflexion totale, sans réfraction)

Remarque : la superposition de ces 3 fondamentales C,M & J sur un corps réémetteur (par exemple un papier, sur lequel on les imprime), donne au total du noir, car leurs soustractions jumelées (synthétisées) ont absorbé toutes les longueurs d'ondes-

-alors que si l'on était dans le cas de teintes primaires, donc issues d'une source d'émission, la superposition (dite alors synthèse additive) se ferait à partir de  rouge, de vert et  de bleu et leur mixage créerait du blanc, dont les excitations rétiniennes groupées ressemblent à celles crées par le vert 555 (c'est à dire avec avec un summum d'intensité)

Nota: monochromatisme est le terme spécifiant que le phénomène en cause concerne une seule longueur d’onde du spectre

 

-corps noir-corps blanc

corps noir est le qualificatif d'un corps recevant de la lumière, mais qui en absorbe toutes les radiations. Il ne réfléchit rien, ne transmet rien. Ce corps noir récepteur a une diffusion nulle (en pratique elle est bien sûr seulement quasi nulle) Son coefficient d’absorptivité est = 1

L’exemple pragmatique d’un tel corps est une boule de charbon froide

corps blanc est un corps qui ne laisse pas passer de rayonnements.

Il n'y a que réflexion (le miroir est une version de corps blanc intégral et le manteau de neige, un corps blanc approximatif)

Un drap blanc absorbe (soustrait) seulement 4% de lumière et réfléchit le reste (il est corps blanc à 96%)

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